8 Novembre 2016
bonsoir..la chapelle santa Engraçia sur les hauteurs d'Amélie les Bains.. une belle balade que nous faisons plusieurs fois dans l'année ..

Petite, la chapelle est construite en pierres grossièrement éclatées. Son portail en plein cintre est particulièrement réussi, avec un bel appareil régulier. La façade comprend également une fenêtre, elle aussi en plein cintre. L’ensemble architectural semble toutefois un peu bancal.
C’est un petit édifice d’une grande simplicité, d’une seule nef, dont la tête, orientée au levant, possède une abside semi-circulaire percée de deux baies rectangulaires à double écrasement. La nef de plan rectangulaire est couverte d’un simple berceau plein cintre. La porte d’accès originelle s’ouvrait sur la façade sud. Plus tard elle fut aménagée sur le mur ouest, au dessus, on voit une baie aux mêmes caractéristiques de celle de l’abside. Il est à noter que cette baie pouvait être pourvue d’un volet moyenâgeux (2) en bois percé de trous et qui a été retrouvé sur place.
Cette même façade était couronnée d’un clocheton dont il ne restait, avant sa restauration, que le piédroit nord.
Sur la partie supérieure du massif de l’autel apparaissait l’inscription d’une phrase peinte d’ocre rouge et qui pourrait être d’origine médiévale (11ème siècle) : « Hic sunt reliquies Sanctae Engracia », « ici se trouvent les reliques de Santa Engracia ».
Toujours selon l’ouvrage « Ermitages du diocèse de Perpignan » de Louis Just (1856), qui lui aussi mentionnait l’inscription l’autel, il est précisé que l’on trouvait également, dans cette chapelle, une statue de Ste Engracia représentée avec un clou lui perçant le front, portant une couronne sur la tête et tenant une palme à la main droite. On y trouvait aussi des encadrements renfermant des peintures en rapport avec la vie de la sainte. On remarquait encore deux images, l’une représentant l’ «Ecce homo » et l’autre probablement Ste Lucie portant un vase qui renferme deux yeux. Ces images étaient en mauvais état. Il y avait également deux petites statues de St Abdon et St Sennen, patrons d’Arles, vêtus à la romaine, une palme à la main.
Le rétable gothique du 15ème siècle fut conservé jusqu’en 1972 date de sa disparition. On y célébrait une messe le lundi de Pâques et on y faisait une fête où l’on célébrait Ste Engracia.
Autant il semble normal qu’il y ait des chapelles dédiées à Sta Engracia à l’autre extrémité des Pyrénées, notamment en pays de Soule, proche de Saragosse et Huesca, autant il est difficile de comprendre la présence de notre seule et unique Sta Engracia de ce côté-ci des Pyrénées. Aucun document permettant de donner une explication satisfaisante n’en fait mention, que ce soit aux archives historiques ou épiscopales de Perpignan.
Cependant, il ne faut pas oublier que jusqu’en 1659, date du Traité des Pyrénées, le Vallespir était rattaché à l’Espagne ; ce qui doit orienter nos recherches vers la Catalogne proche.
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