24 Juin 2024
bon mardi
mon homme et sa maman en 2018..
j'ai décidé de publier tous les mardis une page du livre, bien sûr vous lisez que si vous le voulez bien ,je ne veux pas vous souler avec ça,
les mémoires de belle maman
un beau cadeau qu'elle nous a laissé ..elle a écrit ce livre jusqu'à ses 103 ans les dernières années sa vue n'était plus assez bonne mais a gardé sa lucidité jusqu'au dernier jour
CHAPITRE 1
MA VIE DE PETITE FILLE
Je suis née aux Hayes à « la petite Sournais » le 16 novembre 1913. Mon papa André Goujon était de Marray et ma maman Georgette Lucas née en 1892 et née à St Martin des Bois. La première année, j’ai été élevée par ma grand-mère Lucas. Papa travaillait chez sa mère à Labbe de Marray (au Hallier) Maman allait en journée. C’est-à-dire qu’elle travaillait à la journée là où on voulait bien l’embaucher. Mon grand-père était décédé. Il n’avait que 50 ans. Plus tard (1932) mon grand-père Goujon est décédé accidentellement. Il est tombé sous la roue d’une voiture de grain qu’il livrait à La Chartre. Son frère Désiré est décédé à la guerre 1914. Les 3 autres travaillaient à la ferme. Ma grand-mère est restée veuve avec 10 enfants. Il y avait Albert, Ernest, Georgette, Ernestine, Armandine, Albertine, Renée, Yvonne, Robert, Georges. Je suis restée 2 ans chez ma grand-mère Lucas avec mon oncle Robert qui avait 3 ans, mes cousines avaient 3 et 5 ans. Mon frère Georges est né en avril 1915. Maman nous mettait dans une charrette avec mes cousines. On faisait une promenade. La charrette était faite de 2 barres en bois, 4 pattes et un rond au milieu pour nous porter. C’est comme ça qu’on apprenait à marcher. Grand-mère nous disputait, car on se chamaillait. On était bien du monde à la maison. Plus tard, on est parti tous les 4 à la Guillotière avec deux vaches. On n’avait qu’une pièce et une petite écurie. Papa ayant la maladie du sommeil, dormait pendant 6 mois de l’année. Maman devait le promener. Comme on avait que 2 hectares de terre. Nous menions les vaches manger sur les « bernes » c’est-à dire les bas-côtés. À l’âge de 4 ans, je faisais ce travail. L’eau, on allait la chercher à la Crossonière chez M. Pleuvry. On avait toutefois une petite fosse près de chez nous.
L’hiver, même s’il faisait grand froid, maman cassait la glace et puisait l’eau avec un pot. Un jour, mon frère Georges est monté sur la glace. Bien sûr, il est tombé dans l’eau. J’étais toute seule avec lui.. Papa dormait. Maman était dans le bourg de Marray. Je l’ai retiré et déshabillé Nous économisions l’eau. L’eau de la salade servait à nous laver et à faire la vaisselle et on la donnait ensuite aux poules. On avait une petite cheminée comme chauffage. On y faisait aussi la soupe. Maman utilisait le lait pour faire du beurre pour le petit déjeuner, la soupe et faire des fromages.
REGIME SANS VIANDE NON CHOISI A CETTE EPOQUE On ne mangeait pas de viande seulement des pommes de terre, des œufs et du lait.
Par la suite, Monsieur Lice de la Ferrière nous a loué « Les Rousseaux » 30 hectares et par la suite « La Levrardière ».
ARRIVEE DES CHEVAUX A LA FERME
Papa a alors acheté des chevaux. On avait des vaches et des chèvres. On avait un commis Léonille Angibar. Maman épargnait beaucoup. C’est elle qui tenait les comptes. On achetait à crédit. Les marchands nous faisaient confiance. Elle pleurait souvent, car papa était malade. On n’était pas heureux. Renée, ma sœur est née le 8 octobre 1917. L’ECOLE J’ai commencé l’école le 1er octobre 1919. Ma maman m’a inscrite à l’école de Marray. Mes maîtres d’école étaient M. et Mme Hubert et leur fille Jeanne.
VOICI CE QUI S’EST PASSE LE 1 ER JOUR D’ECOLE
Je suis partie avec mon panier pour dîner à midi. J’avais des sabots, un capuchon, qu’on appelait « un barrou » pour faire 3 kms et demie. Je suis arrivée en retard. J’avais mon panier pour dîner : du pain, un œuf, du fromage, du chocolat, une pomme. Le 1er jour, je suis arrivée en retard à l’école. L’école commençait à 8 heures 30. La petite porte d’entrée de l’école était fermée.
La petite porte d’entrée de l’école était fermée. Je n’ai pas attendu la récréation pour entrer. Je suis descendue dans le bourg chez M. Métivier que je connaissais. Je le connaissais bien, car il avait un champ près de chez nous. Il vivait avec sa mère. Je lui ai demandé si je pouvais manger chez eux. Il n’a pas refusé et à 2 heures, je suis retournée à l’école. Je me suis présentée dans la cour des filles. Les filles me regardaient comme une inconnue » et m’ont posé beaucoup de questions : « comment tu t’appelles ? » On était plusieurs à l’école qui portions le nom de Goujon dont mes cousines de Labbé.
Enfin la maîtresse, Mme Hubert me donna le premier livre. Elle m’a aussi donné une ardoise, un crayon, une gomme, une règle, un buvard, un livre « le chat ». Je ne savais ni lire, ni écrire, ni compter. Je savais juste mon nom et d’où je venais. J’étais bien en retard par rapport aux autres élèves. Le soir, je suis rentrée avec mes cousines. Maman m’a demandé comment c’était passé la journée. Ça a duré 8 jours à manger chez M. Métivier jusqu’à ce que maman l’apprenne. Elle m’a disputée. Elle m’a dit : « Tu ne peux pas manger à l’école avec les autres ! » ET UNE AUTRE FOIS…. Un jour, je ne suis pas allée à l’école. On dit « faire l’école buissonnière ». Ça s’est passé comme cela. Avant d’aller à l’école, on partait ramasser des pierres. Il fallait entretenir le long chemin qui allait de notre ferme à la route. Il fallait aussi garder les vaches. Le matin, on arrivait donc toujours en retard à l’école. Un jour, j’avais peut-être 10 ans. Comme j’étais en retard, je ne suis pas allée jusqu’à l’école. Je suis restée dans le bois des « Bruyères ». Ensuite, j’ai vu le gars Landron qui labourait. Je l’ai aidé. Comme il se demandait pourquoi je n’allais pas à l’école. Je lui ai raconté un « menti » (mensonge). À midi, je suis retournée dans le bois pour manger et apprendre mes leçons. Mais le gars Landron n’est pas revenu travailler l’après-midi, alors, je me suis ennuyée et je n’avais pas l’heure. Je suis donc revenue à la maison, mais il n’était que 3 heures de l’après-midi et l’école finissait à 4 heures et demie. Ma mère a compris que je n’étais pas allée à l’école et a voulu me punir. Heureusement, ma grandmère Goujon était là. Elle était venue coudre à la maison. Elle m’a préservée de recevoir des « tapes » (gifles). Je n’ai jamais recommencé à faire l’école buissonnière. Par la suite, vous vous en doutez, je partais plus tôt à l’école.
MAIS SAVEZ-VOUS, COMMENT SE PASSAIT L’ECOLE A MON EPOQUE ?
À 6 ans, on allait à l’école ; la petite classe (ou maternelle) n’était pas obligatoire. L’importance de la politesse et de l’hygiène Le matin, au coup de sifflet du maître, on se mettait en rang dans la cour. Puis on ôtait son béret et on disait : « bonjour Monsieur ou Madame » et on montrait nos mains. Si elles étaient sales, on nous retirait un bon point, car les petits enfants recevaient des bons points. Si nos mains étaient propres, on recevait un bon point. On allait à notre place : 2 par pupitre (c’est une table avec un dossier et un banc). Chaque pupitre avait un encrier, car on écrivait avec une plume. Il y avait 4 rangées de 10 tables et le poêle au milieu. On changeait de place tous les mois. Les filles ne s’asseyaient pas à côté des gars.
L’école n’était pas gratuite On achetait les livres et les cahiers. On recevait une ardoise en carton avec un crayon d’ardoise, un porte-plume, un crayon de bois, des crayons de couleur, une gomme, une règle, un buvard, un plumier, une boîte pour les bons points, une craie et un chiffon pour essuyer l’ardoise. Mais on payait toutes les fournitures tous les mois. Il ne fallait pas se voler du matériel entre nous, car on était puni. La discipline Le maître avait un bureau, un tableau et une baguette. Si tu bavardais, tu allais au « piquet », c’est à dire dans le coin du mur. J’allais souvent au piquet, car j’étais bavarde Et à la récréation qui durait une demi-heure, pour t’humilier, tu devais porter un bonnet d’âne. C'est un chapeau avec deux oreilles d'âne que l'on mettait autrefois en classe aux enfants qui n'étaient pas sages. Cela avait pour but de les ridiculiser auprès de leurs camarades Quelquefois, tu devais porter en plus un écriteau avec une mention, par exemple « je n’écoute pas en classe ». Il fallait faire le tour de l’école avec son cahier épinglé dans le dos pour une malheureuse tache d’encre. Il y avait aussi d’autres punitions : le maître pouvait tirer les oreilles des enfants, distribuer des gifles ou des coups de baguette sur les doigts. À l’école, à cette époque, il y avait beaucoup de discipline, propreté et politesse. Les maîtres étaient sévères. On emportait chaque jour un panier garni des produits de la ferme pour le repas de midi. Dans le. Dans le panier, il y avait des tartines de rillettes, des confitures, du chocolat Moreau. Si c’était la saison, on avait des œufs. Nous n’avions pas de bananes ou d’oranges, on ne connaissait pas. Maman ne voulait pas que je rapporte de tartines. Elle voulait que je mange tout mon repas. Alors je donnais mes restes au chien à M. Pleuvry
Le soir, on sortait à 5 heures. L’hiver, on nous donnait des lignes à faire en plus des devoirs. Cela consistait à recopier des phrases entière plusieurs fois. On apprenait le calcul, la géographie, l’histoire, la lecture, la grammaire, la rédaction, la dictée et des récitations. Je n’étais pas bonne en dictée. Je n’ai jamais été la 1ère de la classe . J’apprenais bien les récitations
allez ça suffit pour aujourd'hui, la suite mardi prochain
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