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comme je suis privée de randos...je continue le journal de belle maman avant que le blog ne disparaisse... 

c'était le jour de ses 100 ans..nous étions 150 invités 

 

mamie et ses 8 enfants....elle a  5 générations et 126 descendants.. 

 

LA VIE A LA FERME PENDANT LA GUERRE

Les bons de pain (1940-1945)

Pendant la guerre, on avait des bons (ou tickets) de pain et de sucre. On portait de la farine à bicyclette avec une petite remorque au boulanger à Monthodon pour avoir du pain. On n’avait pas le droit de rouler en voiture.

Les réfugiés de Belgique 1944

Pendant la guerre, les réfugiés sont venus à la maison. Nous les avons logés dans la bergerie. Ils étaient 2 familles et 3 enfants. Nous leur avons donné beaucoup de choses dont ils avaient besoin. Ils sont peut-être restés 15 jours. Ils nous aidaient. Un jour, un monsieur est descendu dans le bourg pour ferrer son cheval. Les allemands lui ont pris et il est revenu en pleurant. Ils n’avaient plus que 2 chevaux pour repartir. Les bombardements Le soir, on entendait bombarder sur Tours. La nuit, beaucoup partaient coucher dans les bois. Nous, nous ne sommes pas partis en exode. Nous sommes restés avec les enfants et les animaux. Les allemands nous ont pris une vache. Les chevaux, ils les trouvaient gras. Maurice a dû se présenter à Château-Renault à la police. Ils l’ont arrêté et heureusement relâché. Maurice était content de rentrer en tenant son cheval par la bride. L’allemand : Dubulle (1940-1945) Nous avions embauché un allemand comme ouvrier. Il travaillait bien. Les gars lui faisaient des tours à son vélo. Il ne se fâchait pas. Le dimanche, les prisonniers allemands se rassemblaient pour discuter de leur pays. Un jour, ils nous ont dit « au revoir » et ils sont partis. Ils étaient très polis. C’étaient des hommes comme nous. Ils étaient contents de retourner dans leur pays. La poignée de main à Hitler Hitler est venu à Montoire sur le Loir le 24 octobre 1940 pour une entrevue vers 4 heures et demie dans le tunnel de Saint Rimay avec Pétain et Laval. Nous n’habitions pas encore Montoire. À la gare de Montoire, il a pris un verre de lait de la ferme de M. Vivet. Le maire, M. Renard a dû le goûter, car Hitler avait peur d’être empoisonné. Toutes les maisons étaient fermées et les gens cachés à l’intérieur  

des maisons. Personne n’avait le droit d’ouvrir les portes et les fenêtres. L’électricité était coupée et le téléphone était branché dans le tunnel de St Rimay. Le train était entouré de portes blindées ; les allemands montaient la garde. Ils étaient plus de 500 dans les rues autour de la gare. Le maréchal est arrivé par le train de la Chartre. Hitler est arrivé en voiture de Tours. Le fleuriste, M. Durand avait apporté des fleurs qui ont été déposées sur le passage d’Hitler. Il traversa la gare pour rejoindre le train du maréchal Pétain. L’entrevue eut lieu dans un wagon dans le tunnel de Saint Rimay. C’est resté gravé à la gare de Montoire. Le 1er prisonnier français libéré Maurice Segris en 1945 On a été averti quand les prisonniers français sont rentrés. Le 1er prisonnier français libéré est arrivé par le train de Château-Renault. On est allé le chercher en voiture. L’arrivée se faisait à Maritourne. Il  y avait beaucoup de monde des Hermites. Maurice Segris était marié à Thérèse Brouté. Elle avait avec elle son gars Jean, le fils de Maurice et sa fille née de son premier mari. Je me rappelle qu’elle disait à sa fille : « retire-toi c’est pas ton père ». Pour la fille, c’était pas bien de la part de sa mère. On donnait une gerbe de fleurs aux prisonniers et on leur faisait de grandes amitiés. Par la suite, il en est arrivé tous les 2 jours, mais ils ne sont pas tous rentrés. Les trimardeurs après la guerre et les poux Après la guerre, en 1946, il y avait des trimardeurs. « C’était des ouvriers vagabonds qui allaient de ferme en ferme à la recherche d’un travail temporaire ».  Ce sont en quelque sorte les sans Domicile Fixe de notre époque. Ils venaient mendier dans les fermes un verre de vin et du pain. On les appelait des trimardeurs. On en avait peur. Ils demandaient à coucher dans le fourrage dans la grange. Ils nous donnaient leurs papiers. Quand c’était des vieux que l’on recevait, on leur donnait à souper. Assis au coin de la cheminée, les enfants les regardaient. Si bien qu’un jour, les enfants ont attrapé des poux. On a dû couper les cheveux des enfants.

À l’école, s’ils attrapaient des poux, les maîtres les renvoyaient chez eux. Cela ne faisait pas plaisir à nous, parents. Un jour, c’était des poux de corps, je ne sais pas où ils les avaient attrapés. On s’est déshabillé et lavé tous en même temps.Par la suite, on ne recevait plus les trimardeurs.

LA VIE A LA FERME DE 1958 A 1963

On travaillait beaucoup dans les fermes.

« La vie à la campagne, dans les années 1950 et 1960 est toujours rythmée par les différents travaux. Pas de répit possible, pas de vacances non plus, c’est un dur labeur qui attend les paysans pendant toute leur existence, les hommes comme l femmes ». »Voici une journée type de travail à la ferme. On menait les vaches au taureau à la Boissière  Le matin, lever à 7 heures. On n’allumait le feu puis prenions le café avec la bonne : Léonne Diderot. Nous avions une bonne et un commis. Puis nous allions traire les vaches. Nous avions une machine pour traire les vaches. Les gars les curaient et leur donnaient le fourrage.  Monsieur Lesage venait à 8 heures chercher le lait pour le vendre dans le bourg. Le reste du lait, on l’emmenait jusqu’à la route pour le laitier avec une petite remorque.  Puis on allait prendre le petit-déjeuner. Maurice mangeait : des harengs saurs, des rillettes, des œufs, du café. Les enfants partaient à l’école. Ils mangeaient à la cantine.  Après le petit déjeuner, on tirait les chèvres. Un jour, une de mes chèvres avait renversé le seau avec le lait. On soignait les cochons, les poules, les lapins. On faisait boire les veaux. Puis Léonne, la bonne et moi partions travailler aux champs. Je partais avec l’âne ramasser des feuilles de betterave et couper du maïs. Quand c’était la moisson, on ramassait aussi le fourrage. Enfin, on revenait à la maison manger un morceau de fromage à l’ail et des fruits et on repartait travailler dans les champs  Et en fin de matinée, moi je retournais à la maison pour préparer le dîner : soupe, viande, légumes, fromage, vin rouge et cidre.  Après le repas, on faisait une petite « mariennée » (sieste). À 2 heures, on repartait travailler dans les champs quelquefois jusqu’à 8-9 heures du soir. On nettoyait les betteraves puis on faisait un mélange de betteraves avec de la balle. On ramassait des feuilles de choux, des pommes qu’on cueillait pour l’hiver.  Vers 17-18 heures, avec la bonne, on tirait les vaches. On recommençait aussi à leur donner à manger. L’hiver, elles dormaient dans l’écurie. Les enfants arrivaient de l’école. Ils mettaient une vieille blouse et allaient à la cave tirer à boire : du vin et du cidre. Ils faisaient leurs leçons avant le souper. attachées derrière un tombereau ou à la corde l’hiver. 2 de mes vaches malheureusement sont mortes. L’une d’elles tremblait et ne pouvait plus marcher. Un jour, le maréchal ferrant est venu ferrer les 2 pieds de derrière des 2 meilleures vaches du troupeau. Il fallait le payer. On n’avait pas d’argent. On n’avait pas d’assurance non plus si on avait une mauvaise

récolte. Bien sûr, on s’est modernisé avec l’électricité.

La bonne entente avec Maurice

J’étais plus heureuse qu’autrefois. J’avais le porte-monnaie. Je veux dire que j’étais responsable de l’argent. Je vendais les animaux. Maurice vendait le blé, payait les engrais, ses ouvriers et les hommes de journée. Nous avons été 33 ans à la Robilière. On a acheté les terres « Meroudeau » à Buron. C’était de bonnes terres. Le fermage Le reste des terres était en fermage (on louait les terres).

LA MODERNISATION DE LA FERME

Plus tard, vers 1958, nous avons acheté un tracteur Ferguson. L’époque des chevaux était finie. Claude et Jacky étaient contents. Jacky, âgé de 10 ans le menait et Claude s’en servait beaucoup. Un jour, Claude été labouré à la ferme de la Bigotière toute la journée. Il arrive le soir à la maison. Il ne pensait plus à l’arrêter. C’est le mur qui l’a arrêté. Par la suite, on a acheté un moteur pour tirer l’eau au puits. Pour garder les vaches, nous avons acheté des fils électriques et une batterie que l’on disposait dans les champs. Nous n’avions plus à aller garder les vaches. Jusqu’en 1958, nous n’avions pas la télévision. On l’a achetée avec les allocations des 2 derniers enfants. La vie était plus belle.La moisson D’abord, la moisson se faisait avec une lieuse qui faisait des gerbes. Les bauges Nous mettions les gerbes en tas 4 par 4 et une autre gerbe couvrait les 4 autres. Quand il faisait un temps humide, on faisait un carré avant de commencer pour que les gerbes ne pourrissent pas au sol. On appelait cela des bauges. On faisait des bauges rondes ou carrées. C’était joli autour de la ferme. Il y en avait 6 ou 7 suivant la récolte et de grande dimension. Lorsqu’on faisait la dernière bauge, on y mettait un bouquet pour arroser la fin de la moisson. Les repas Comme on battait à la machine pendant 3 ou 4 jours, c'était du travail, on donnait à manger au personnel (une douzaine de personnes). Il y avait donc beaucoup de travail également à la cuisine. Les enfants étaient ravis de voir cette ambiance pendant plusieurs jours. La première moissonneuse-batteuse : Plus tard, on a acheté une moissonneuse-batteuse à plusieurs fermiers. Nous étions 7. Mais quand le temps de la moisson arrivait, c’était à qui utiliserait la moissonneuse le premier. Il y avait toujours des discussions. À ce moment-là, on mettait le grain dans des remorques et on livrait aux coopératives ou on le mettait dans des greniers pour le vendre l’hiver. On pressait la paille en bottes que l’on rangeait dans le grenier On faisait des paliers. On ramassait la balle également dans un grenier pour donner aux vaches pendant l’hiver. Maintenant on fait des bottes rondes qui sont mises dans des sacs plastiques. Beaucoup les rangent dans les hangars comme le fourrage. Tout change c’est le modernisme. On emploie beaucoup moins de personnel. C’était l’arrivée du chômage dans les fermes.

QUELQUES AVENTURES A LA FERME

Dans une ferme, il est inévitable qu’il arrive des aventures Thérèse et le chien Milou vers 1946 Après la guerre, j’avais « loué » une bonne. Elle s’appelait Thérèse. Elle venait de chez Roulin. Elle n’était pas gentille avec les vaches et les traitait mal. Elle les tapait. Elle ne voulait pas les étriller (ôter les crottes) car elle trouvait cela trop sale. Alors, je ne l’ai pas gardée. Elle est partie. Je l’ai payée et a emmené notre chien Milou, mais peut-être qu’il l’avait suivie. Elle m’a écrit qu’elle était à Marçon et que Milou était avec elle. Je n’avais qu’à venir le chercher. Je suis partie à bicyclette à Marçon distant de 21 kms. Milou était heureux de me voir. Je suis repartie aussitôt. Je n’étais pas contente de cette bonne. C’était la seule dont j’avais à me plaindre. Les autres étaient toutes très gentilles et c’était des travailleuses. 

Aventure aux Carrières avec le cheval

On était parti chercher des gerbes avec le cheval Baptiste. C’est Roger qui avait les « guides » (rennes) Dans la pente des Carrière, le cheval s’est emballé. Impossible de l’arrêter. Il est rentré dans le bois des Carrière. Je crois que je suis tombée en avant. Ce sont les branches qui ont arrêté le cheval. Qu’est-ce qu’on a eu peur ! Ouf, personne n’était blessé. Les canes, la charrette à herbe, les balances à écrevisses Un soir au clair de lune, je suis partie chercher les canes à la Briquetière, pas très loin de La Robilière. Elles ne rentraient pas d’elles-mêmes le soir et les rats les mangeaient. Je devais donc aller les chercher. Comme il faisait sombre, j’ai glissé dans la vase. Heureusement me suis rattrapée à une branche. J’étais toute mouillée. Tant pis pour les canes. Elles sont restées dehors. Si j’étais tombée, personne ne serait venu à mon secours puisque Maurice était couché. Un jour, je ramassais de l’herbe avec Marie-Louise, la bonne. Nous avions la jument avec la voiture bien chargée. M. Louise et moi sommes montés avec le chien à l’arrière. Je n’avais pas bien enclenché la barre. Nous avons été « à cul » (c’est-à-dire projetés au sol). Toute l’herbe est tombée à terre. Ça ne nous avançait pas. Nous avons ensuite rechargé la voiture Enfin, nous n’avions rien de cassé et nous n’avions pas mal. Un autre jour, avec les enfants, on mettait des balances pour prendre les écrevisses. C’était bon à manger les écrevisses. À un moment, on s’est éloigné de l’eau pour prendre notre goûter. Quand on est retourné dans le ruisseau, nos balances à écrevisses avaient disparu. J’ai su, par la suite, que le Père Brocheriou allait dans les bois et tendait des collets. Avait-t-il pris nos balances ? En revanche, moi, j’ai ramassé un lièvre, bien pris au collet par le Père Brocheriou. Il était bon à manger.  Les vaches dans les choux, la langue de la jument a été coupée Une autre fois, j’ai été avec mes vaches, les « biques » (chèvres) et le chien Monette aux Sapins. Comme son nom l’indique, l’endroit est tout entouré de bois. Le chien aboyait. À ce moment-là, j’ai vu passer une personne dans le chemin. J’ai eu peur. Je suis remontée immédiatement avec les « biques » à l’entrée du bois. À l’heure de repartir, j’ai appelé les vaches. Aucune n’est venue. Elles étaient sorties dans les choux à Tremblay et avaient bien sûr mangé les choux. On a dû payer les dégâts. Un jour, j’allais à l’herbe avec la jument. Elle avait peur de tout. Comme elle voulait s’emballer, je lui ai attaché la bouche. Le mors (fixé sur les joues de la bride et se qui trouve dans la bouche de l’animal) lui a coupé la langue. Je l’ai ramenée à la maison et j’ai téléphoné au vétérinaire. Il m’a dit : « il faudra la faire abattre, c’est pas réparable ». Je me suis fait rouspéter par Maurice. Par la suite, j’ai été à la Saint Mathieu acheter un âne. Il était bien têtu. Nous l’avons fait castrer et après il était docile. C’est bien utile un âne dans une ferme. C’est par lui que nous avons commencé la vente des animaux quand nous sommes partis de La Robilière.

Le boucher nous a donné des beefsteaks. C’est très tendre la viande d’âne. 

Les dents

Un jour, je suis allée à la fosse pour laver le linge. Bien installée, j’avais les deux mains « embarrassées » avec la brosse et le savon. J’ai éternué et mon dentier est tombé dans la fosse. Nous n’avons pas pu le retrouver. Je l’avais depuis l’âge de 15 ans. J’en ai fait refaire un autre. Je suis venue à Montoire en vélo de la Robilière chez M. Doucet soit plus de 15 kilomètres . C’était une corvée. Maintenant, j’ai deux dentiers complets, mais j’ai dû mal à m’habituer.

La gourmandise de votre mamie

 Un jour de moisson, j’allais avec les hommes faire le plateau de gerbes au « Péraut ». En passant derrière chez M. Pinard, j’ai vu qu’il y avait un prunier. Moi, toujours gourmande, de dans le plateau derrière le tracteur, j’attrape une branche. Elle casse. Je tombe par terre. Personne ne s’était aperçu que j’étais tombée. Ils me faisaient signe de leur apporter des prunes, mais j’avais mal à une jambe. Je n’avais rien de cassé heureusement. Ça ne m’est pas arrivé deux fois. J’avais compris l’expression : « bien mal acquis ne profite jamais »

À la ferme, il y avait un poirier avec de belles poires appelées « poires du curé ». Le poirier était au-dessus de la fosse ; les poires n’étaient donc pas faciles à cueillir. J’étais décidée à mettre une échelle dans l’eau. Je mets mes bottes. Je prends le sac et je monte à 3-4 mètres de haut pour cueillir. Tout allait bien. Je m’apprête à redescendre et l’échelle se retourne. Comme j’ai eu peur ! J’ai redescendu l’échelle à l’envers pour ne pas tomber dans l’eau. Je ne suis pas remontée. Tant pis pour les poires. C’était dommage. Elles étaient belles.  Je m’apercevais que les fruits du mêlier étaient mûrs. Je m’arrête, j’en cueille 4-5. Je les mets tous ensemble dans ma bouche. J’ai failli m’étouffer. J’étais vraiment « enmêlée » (je n’arrivais pas à les avaler). J’ai dû les recacher. Voilà où mène la gourmandise.

Léon, mon beau-frère et la « deux chevaux »

J’étais à la ferme de la Robilière. Je suis sortie en courant de la maison chercher un chou dans le jardin. J’étais à la ferme de la Robilière. Je suis sortie en courant de la maison chercher un chou dans le jardin. Au portail, juste à l’entrée de la ferme, mon beau-frère Léon arrivait en voiture. J’ai atterri sur le capot de sa voiture. Heureusement, il ne roulait pas vite sinon, il aurait pu m’écraser. Nous nous sommes trouvés bête. J’ai décidé désormais d’aller moins vite au portail, car c’était dangereux. Pour les enfants, on aurait dû mettre une pancarte « attention aux enfants ». On n’y a jamais pensé et on n’a jamais eu d’accident. Heureusement ! L’œil, la poule Je mettais une poule à couver des œufs de cane de Barbarie. Elle s’est débattue quand je lui ai coupé le bout des ailes. Elle m’a piqué dans l’œil. Je ne voyais plus clair et c’était plein de sang. Je suis allée chez le docteur qui m’a envoyé à Tours à l’oculiste. Il m’a donné rendez-vous à l’hôpital des Ursulines. J’ai été opérée. Impossible de refaire le conduit. Ça n’a pas réussi. Je pleure toujours. Je porte des lunettes pour lire sinon je vois bien clair. À 86 ans, j’ai des lunettes pour voir de près. Je fais du crochet et je lis le journal tous les jours ainsi je sais les nouvelles

Le puits de la Robilière.

Un jour, le puits était empoisonné par des rats. L’eau n’était pas potable. Le puisatier est venu. Ils ont tiré l’eau pendant 2 heures pour la renouveler. Puis l’eau est revenue à l’état normal. Nous sommes descendus dans le puits : Mauricette, Arlette, Claude et moi par un treuil. Il avait 25 mètres de profondeur je crois. C’était un bon puits, bien profond

NOS LOISIRS A LA FERME

Nous avions peu de loisirs à cette époque. Les quelques loisirs qui existaient étaient très attendus. La fête de la fin de la moisson de 1960 à 1963 Cette fête se déroulait dans les fermes à la fin de la moisson

J’aimais quand la moisson était finie. On avait pris l’habitude de fêter la fin de la moisson (on disait faire la grosse gerbe) à Troô, à une quinzaine de kilomètres des Hermites. Comme nous étions bien une dizaine (parents et enfants compris), on avait mis la remorque derrière notre voiture, une traction. Les enfants montaient dans la remorque. Les petits restaient dans la traction. On apportait le dîner et le vin. On faisait faire les tartes au boulanger. On s’installait sur des couvertures par terre. C’était une partie de plaisir. On faisait du bateau à rames puis il y avait le bal en plein air. On est venu 2 fois pique-niquer à Troô. Un jour, on n’a plus eu le droit de mettre la remorque avec des personnes dedans derrière la voiture. Et un jour, on a plus eu le droit de faire du bateau sur le Loir. On y est plus retourné. On fait la fête à la maison. La Briqueterie J’ai vu fonctionner la Briquèterie du temps où j’étais à la Robilière. Raymond Saussereau et M. Pécheur y travaillaient. Avant, c’était M. Gautier avec sa femme qui faisaient les briques. Il y avait un grand hangar pour faire .sécher les briques et un four pour les cuire.Il y avait une presse avec 2 moules. Ils mettaient de la terre dans les moules et pressaient avec une barre de tout leur poids. J’ai essayé. C’était dur. Raymond m’a dit qu’ils faisaient 1000 briques à deux dans une journée. Maintenant, tout est arrêté. Julien, le gendre de M. Saussereau a vendu le terrain à Claude qui en a fait un plan d’eau pour la pêche tout entouré de lauriers. Ils ont aussi installé un jeu de boules pour la détente. Adieu la Briquèterie. Tout change dans une vie. Maintenant, c’est plus moderne. Un jour, Raymond nous a emmené voir la Briquèterie de Langeais. C’était autre chose. Il y avait beaucoup de personnel et tout était moderne. On avait emmené Arlette, ma fille et Rolande Jouseau déjeuner au restaurant avec un copain à Raymond, un espagnol. Au retour nous nous sommes arrêtés à la foire à Tours faire des tours de manège. Les filles étaient contentes de leur soirée. On est rentré pour traire les vaches. La journée était terminée. Dans le village des Hermites, il y avait des fêtes. Ces fêtes, hélas, sont plus rares.

Le carnaval traditionnel Le carnaval des Hermites avec ma petite bonne Yvette Chaintron. On s’était décidée toutes les deux à nous déguiser à l’occasion de carnaval et d’aller faire la quête. Nous voilà parties chez Roulin faire la quête. Les chevaux et les chiens avaient peur de nous. À la dernière maison, à « la Bonesier », on a ôté nos masques. Ils nous avaient reconnus. Plus tard, j’ai déguisé mes filles et Rolande Jouseau en cartes à jouer avec des robes en papier crépon : dame de cœur, dame de trèfle, dame de pique, dame de carreau. Elles avaient une couronne en papier, un petit masque, des chaussures blanches. Elles ont remporté le 2e prix. Elles étaient contentes. J’avais passé beaucoup de temps à les habiller pour le concours. Un jour Micheline et Jocelyne voulaient se déguiser pour aller faire la quête dans le bourg. Je les ai habillées en « baladine » (romanichelle). La soirée terminée, elles remontaient la route. Arrivées au terrain de sports, une voiture s’arrête et leur donne des sous et les invite à monter voir des catalogues. Jocelyne, pas méfiante, s’apprêtait à monter, mais Micheline ne voulait pas. « On ne monte pas avec des personnes que l’on ne connaît pas » répond-elle. Elle retire sa sœur et court à travers champs. Le monsieur les appelait, mais elles se sont sauvées. Elles m’ont raconté qu’elles avaient eu peur. Enfin, étaient bien contentes d’avoir des sous dans leur tirelire grâce au carnaval. Depuis de nombreuses années, On fête le carnaval aux Hermites. On fait des crêpes sur les butagaz et sur un grand feu sur la place du village pour ne pas perdre la coutume. Il y a beaucoup de poêles avec un long manche. Le carnaval (personnage en papier mâché) est dans une voiture. 2 jeunes sont choisis chaque année pour organiser cette fête. Les organisateurs courent toute la campagne pour ventre des crêpes.Certaines années, ils ont vendu jusqu’à 1000 crêpes. Tout le village est présent et il y a la fanfare municipale. Quand il est l’heure, le carnaval est monté au terrain de sports, distant d’un kilomètre dans une remorque tirée par un tracteur puis brûlé. Tous les enfants du village suivent le tracteur. Il y a la musique. Les jeunes dansent. Le carnaval se consume. Un autre dimanche, les organisateurs font un repas. Il y a les chevaux de bois. Les jeunes font une cavalcade, barbouillés de rouge. C’est une partie de plaisir pour eux. La fête des crêpes avec le carnaval traditionnel a toujours lieu aux Hermites en février de chaque année

 

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capucine66


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C
Je sais que pour toi ce n'est pas marrant de ne pouvoir faire de randonnée en ce moment mais moi je savoure ce récit d'une vie émouvante.<br /> Gros bisou
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C
   Une dure vie de labeur ! Et les jeunes qui pour beaucoup ne veulent plus rien faire auraient bien des leçons à prendre !<br /> Bisous au frais derriere nos gros murs
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P
Coucou Ma Chère Yvette,<br /> J'espère déjà que ta cruralgie te fait moins souffrir ?Merci pour le texte d'une femme admirable.Bisous et belle journée
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S
Une vie pas simple . Merci de nous transmettre ce bel héritage.
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B
Bonjour Yvette et encore 7 ans qu elle va vivre entourée de ses enfants et sa descendance bien nombreuse Bon lundi et journée Amitiés Bérénice
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U
recoucou yvette car j attends que les filles se réveillent mais la c ets surement trop tard pour aller faire les courses apres  donc ce sera dans l apres midi pas trop le choix et comme ça j aurais le temps de lire les écris de ta belle maman car je veux lire a mon rytme pour bien enregistrer dans ma tete ces souvenirs la tres proches des notres et toi est ce que tes parents etaient cultivateurs aussi , mon mari comme pour moi ils l etaient donc on connait ce milieu la et surtout on en aie bien fier de notre passé <br />  il fait deja tres chaud et les filles enfin commencent a bouger <br />  a demain et rebisous
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L
100 ans... combien d'entre nous peuvent imaginer arriver à cet âge ? <br /> Un siècle, d'une vie pas particulièrement chouchoutée !<br /> Bisous et bonne journée
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